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Retrouvez des informations sur l'archipel Africain des îles du Cap Vert, ses habitants, sa flore, sa faune, ses traditions, nos activités et nos aventures, nos coups de coeur, notre passion... Bon voyage !

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Santo Antão du Cap Vert : Partis pour l'ouest ! La grande fracture

Nous avons quitté Lagedos.
La saignée du canyon de Ribera das Patas s'éloigne de nous.
Nous avançons dans la fracture géologique qui sépare l'ouest de l'Est de l'île.
Après avoir franchi une zone de scories blanches, la route sinue ardemment pour franchir les vallons escarpés qui drainent les pentes sèches à notre gauche.
L'oasis de Cha de Morte s'étire maintenant autour de nous. Les habitations, délaissant les terres, se sont collées à la route pavée pour un peu d'éclairage, de téléphone mais surtout pour les écoles et les commerces.


André nous fait observer que les nouvelles cultures sont parcourues par les discrètes tubulures du goutte à goutte. Pas de densité végétale extrême, mais avec le temps, on peut voir l'agriculture reprendre du terrain et s'étendre sur les Chas jusqu'alors devenus pierreux et déconfits.

 

Nous montons toujours. Le panorama s'élargit à notre droite alors que cela sinue de plus en plus. Les parois abruptes et sombres qui défilent maintenant à notre gauche sèment des blocs sur la chaussée que notre chauffeur évite prudemment.

Nous voici au col: "Selada de Alto Mira"
A plus de 1100m, nous dominons le gigantesque effondrement de Ribera das Patas.
L'océan au loin, l'étranglement de Lagedos, le volcan le cimetière de Cha de Morte que domine la sombre Bordeira de Norte, les rayures sombres des injections volcaniques…


Cuvette majestueuse, résultat d'un effondrement gigantesque, dont les bordures verticales et les strates géologiques bien apparentes témoignent encore du volcan qui fut ici.

Le fond et les pentes inférieures, fatras de matériaux hétéroclites ont subi une érosion hydraulique, qui a dû être très rapide dans ces matières concassées, ne laissant que des ravines qui déchirent le décors.


Au-dessus de nos têtes, les arêtes élancées des injections de basalte résistent encore un peu, pour notre plaisir…

Nous reprenons la route.

 

La vallée de Alto Mira disparaît derrière les crêtes pendant que nous plongeons vers Ribeira da Cruz.

C'est très aride avec peu d'habitations. Une timide verdure réapparaît seulement dans la partie inférieure. La route pavée s'arrête au pont de pierre qui franchit un lit de basalte bleu.

Le village est blotti derrière la barrière de roches, étalant ses cultures sur le Cha qui grille au soleil. Là aussi, les cultures au goutte à goutte regagnent du terrain sur les espaces longtemps désertés.
Une oasis de plus dans cet Ouest que la pluie délaisse depuis si longtemps.


La piste déroule ses méandres et ses cahots à flanc de montagne, puis, plonge brutalement en suivant une crête. L'ancien chemin muletier subsiste par endroits.
Le véhicule, accroché à ses freins, progresse avec prudence, contourne les pièges et les roches qui hérissent les bords.
Nous sommes très secoués et cependant ébahis par des décors incroyables.

Presque au fond du canyon de Bicha, les vestiges d'une grande exploitation trônent sur son Cha, étalant ses espaliers et les ruines de son hameau. Nous le dépassons pour plonger jusqu'au fond, traverser le lit de sable et remonter dans un rugissement de moteur sur la pente opposée.


La piste, meilleure sur ce flanc, rougit de plus en plus et les grosses volutes de poussières fines que nous soulevons entrent par les vitres ouvertes.


Presque brutalement, blotties sur le flanc de son volcan rouge, les maisons de Cha de Norte apparaissent, dominées par sa jolie petite église blanche.


Après quelques rafraichissements, après avoir déposé un colis de l'association HorHum à l'école, nous reprenons la progression.


Cette fois, le départ est brutal car la piste saute littéralement sur la paroi qui domine le village.
La pente est très sévère, jonchée de pierres acérées et de sables qui, sans notre chauffeur très expérimenté, rendrait le franchissement de ces premiers kilomètres bien risqué.
Nous avions bien observé qu'il chargeait volontairement l'arrière du minibus et ainsi les roues motrices et nous comprenons maintenant pourquoi.
Cela patine et tangue au bord d'un ravin profond de plusieurs centaines de mètres…

Ce canyon qui défile à gauche est l'un des plus profonds de l'île, vestige d'une de ses nombreuses fractures. La niche verte de Martienne est visible de l'autre côté, un peu plus haut que nous. Une canalisation vient de là-bas pour alimenter quelques terres jusqu'à ce côté, soutenant parfois les manques cruciaux jusqu'à Cha de Norte.


Nous continuons cette ascension interminable, dépassant Aldeia de Norte que ses petites ressources en eau empêchent de mourir.
A notre passage, un volcan rouge déploie ses blocs étonnants.


Les pentes deviennent mois fortes lorsque nous arrivons sur le Cha de Manuelinho. La petite école, perchée sur son promontoire, laisse échapper un flot d'enfants rieurs, qui, vêtus de blouses bleues agitent leurs mains à notre passage.

Nous sinuons maintenant entre de petites fermes de pierres, isolées au milieu de champs secs que de vieux murs de pierres soulignent…

Les panoramas sont sublimes, si captivants que nous devenons insensibles aux secousses.


Déposés sur la crête de Casa Luciano, nous rejoignons l'hébergement de Fidel que nous déniché Kasa Tambla, à pied…


Ce soir, depuis la terrasse, en compagnie de André et de notre famille d'accueil nous prendrons le frais, goutant quelques alcools locaux et regardant le soleil plonger à la limite entre la montagne et de la mer.

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