Retrouvez des informations sur l'archipel Africain des îles du Cap Vert, ses habitants, sa flore, sa faune, ses traditions, nos activités et nos aventures, nos coups de coeur, notre passion... Bon voyage !
Le petit déjeuner à peine terminé, nous embarquons dans un minibus…il est déjà bien occupé.
La route sinueuse est accrochée à la falaise jusqu'à Vila de Ribera Grande, ensuite, puis, longeant la longue plage de galets elle traverse le village de Synagoga.
Les ruines de l'antique léproserie se découpent sur fond de bleu océan…
A notre passage, une roche souffleuse projette une gerbe d'eau vite déformée par le petit alizé de ce matin frais…
Cela donne envie de revenir par ici…
Au détour d'une des courbes, enfin, Vila das Pombas apparaît (la ville des pigeons).
Ce village est délicatement posé dans un écrin vert de cocotiers et de cannes à sucre, la statue de Santo Antão la domine du haut de son rocher.
Déposés près de sa petite église blanche, à pied nous dépassons la charmante bourgade.
Par un chemin en assez mauvais état qui surplombe une falaise friable nous dominons la baie et ses dernières exploitations agricoles: panoramas splendides qui font rêver, paradis ?
La vallée qui nous attire apparaît au détour d'un col étroit.
Sinueuse, elle est une saignée dans le massif volcanique que rayent les strates des basaltes. 
Loin au fond, la verdure semble dense et une ligne blanche et verticale se distingue…
Nous descendons, descendons jusqu'au fond.
Une piste tordue et malaisée se fraye un passage dans les méandres de cet oued tourmenté.
Nous sommes dominés par de très hautes falaises sombres.
Sur ses rebords, de nombreuses cultures, défendues des eaux par de solides murs, persistent tant bien que mal.
Là, la piste disparaît.
Le lit, composés d'une multitude de bras rend notre chemin illisible dans ce chaos...
Nous nous glissons entre deux blocs verticaux et retrouvons la trace. Elle s'esquive entre les cultures de cannes à sucre qu'elle domine du haut de sa pierraille. Ici, les feuillages sombres des manguiers, des arbres à pain et des papayers qui dépassent du vert tendre des cannes.
Au-delà de cette strate, changement de pente et de décors: les bananiers et les maniocs sont devenus majoritaires, enserrant le sentier de leurs végétations denses. La fraîcheur des premiers nous est bien agréable pour cette ascension un peu difficile. Bientôt, dissimulés entre d'immenses manguiers, des néfliers nous apparaissent, puis, ce sont les caféiers et les orangers qui embaument l'air.
Le bruissement de l'eau qui sautille dans les "levadas" pentues est très agréable. Par endroits, elle traverse plus bruyamment des cuves d'aiguillage avant de disparaître dans un tuyau ou s'étendre dans une culture.
Elle vient de ce grand réservoir découvert que nous longeons maintenant. Certains d'entre nous, abandonnant leurs vêtements, se jettent dans l'eau fraîche. Des rires fusent des roches qui surplombent.
Un groupe d'adolescents, hilares, séchant au soleil en maillot de bain, observent notre petit groupe.
Nous reprenons notre ballade, contournant les orangers, entre les lantanas odorants, les cloedendrons lumineux, s'immisçant dans une végétation désormais en désordre, nous suivons le torrent qui sautille de roches en roches pour atteindre le pied de la cascade dont le bruit nous atteint désormais.
Au passage de la crête, la dépression qui reçoit la chute d'eau nous apparaît brusquement: sa végétation abondante est encore rase, les restes déchiquetés de tronc de certains mimosas témoignent des crues précédentes, lorsque les débits furent importants et chargés de pierres que le canyon supérieur a craché aux premières pluies.
Encore tout humide du bain précédent, nos aquaphiles se précipitent sous la douche qui tombe en pluie sur les 250m de cette cascade.
Les autres restent admiratifs et silencieux.
Puis escaladant le tumulus frontal, ils s'émerveillent du panorama de la vallée qui déroule ses méandres vertes en contrebas.
Tout le monde se regroupe enfin pour partager le pic nic.
Un petit vent géothermique, se projetant les gouttes expédiées depuis la bouche supérieure nous rafraîchit en une fine bruine. Cette zone désormais à l'ombre devient rapidement trop froide.
Nous reprenons le chemin du retour.
Au terme d'une heure de descente, nous serons à nouveau au bord de mer.

Nos incorrigibles baigneurs se jettent déjà dans les vagues souples que l'océan étale sur la plage de sable noir.
Notre véhicule, nous attendra un peu plus longtemps…
Tous rafraîchis, salés, nous retournons enfin à Ponta do Sol...