Dimanche 17 août 2008

La météo du pays :

L’archipel des îles Cap Vert présente une météorologie particulière.

C’est un bout de Sahel au milieu de l’Atlantique.

L’alizé du Nord-Est, appuyé sur l’anticyclone des Açores lui amène généralement un air frais et humide.

En automne, le vent s’orientant plus à l’est, ce sont les poussières et l’air surchauffé du Sahara qui peuvent envahir les lieux. C’est Harmattan qui terrorise les agriculteurs et gêne les avions. En quelques heures, l’air s’échauffe, une brume orangée masque l’horizon. L’air est si sec que, en quelques heures, les cultures peuvent être dévastées.

Saison des pluies : c’est seulement la saison pendant laquelle il peut pleuvoir…Ce sera en été, de Août à Octobre.


Santo Antão, près de Mindelo :

C’est une montagne au milieu de l’océan. Sa météo globale y est aussi prévisible qu’en plein océan, aussi imprévisible qu’en haute montagne. Chaque vallée, chaque montagne sont le siège de conditions atmosphériques très locales.

Lorsque la pluie touche cette île, c’est souvent très localisé. Exceptionellement, c’est généralisé, les précipitations sont importantes et les ribeiras généralement asséchées deviennent des torrents.

 

                 Mais alors, les cascades ?

Vous en trouverez certaines actives toute l’année. Cachées dans les replis des vallées profondes, paradoxalement, elles sont souvent ignorées des habitants même de l’île.

Seule l’équipe de Activi Tours, basée à Ponta do Sol, pourra vous guider pour trouver ces lieux. Sauf si vous êtes victime d’un gros vertige, les parcours sont accessibles pour tous les niveaux, on peut parfois s’y baigner. Préparez-vous à être émerveillés car le plus vert du Cap Vert, c’est là !


Il a plu un peu fort ?

C’est là que naissent toutes les autres cascades, de toutes parts, par milliers. Toute la montagne ruisselle et déborde.

C’est un spectacle féerique.

 

Le canyoning :

C’est une des activités pratiquées par notre équipe. Découvrir les cascades et les canyons par ce moyen est un plaisir très rafraîchissant et à la portée de tous.

Santo Antão, ce sont près de 50 canyons déjà équipés. Avec ou sans eau, débutant ou expérimenté, Eduardo et son équipe pourra vous emmener partout.

 

Pour contacter Activi Tours (caboverdebikes@cvtelecom.cv)
André

par André
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Samedi 26 juillet 2008

                D’abord, l’île n’étant accessible qu’en bateau, vous débarquerez toujours à Porto Novo.

    
Autrefois, petit port de pêcheurs, il a été modernisé à partir des années 1960. Sa haute digue de béton tente de protéger le bassin des vagues venues du Nord. Son plan d’eau reste parfois bien agité et les manœuvres d’accostage y sont toujours délicates. On y rencontre quelques embarcations au mouillage, parfois aussi un voilier de plaisance.


        Ce village n’était habité que par quelques pêcheurs et par une petite garnison militaire affectée à une prison. On peut voir les vestiges du fortin de style colonial à deux pas du port.

         
       
Les petites barques de bois nommées ici « boat », continuent d'être remontées sur la jolie plage ombragée toute proche.          
   
     Vous retrouverez les pêcheurs, l’après midi, sous les grands arbres, à disputer une partie de « Ouril »
 ( un jeu venu de l’Afrique continentale).

    


    L’histoire humaine de ce village a été très marquée par les traversées du dangereux canal de Sao Vicente.

    
    Les marchandises, venues des zones cultivées de Santo Antão à dos d’ânes, par les chemins qui traversent les montagnes abruptes venaient surcharger les pauvres embarcations.
Les pêcheurs se transformaient en marchands exportateurs, sous le contrôle du douanier omniprésent.
Les histoires de trafics illicites sont courantes dans la tradition orale du Cap Vert.

   De retour de Mindelo, ils importaient sur Santo Antão des produits manufacturés venus du monde entier qu’ils revendaient aux agriculteurs de l’île. Leur halte dans la grande ville devait aussi être le temps des bars, des rencontres et de la musique : il faut bien attendre que le vent et la mer soient adéquats pour le retour….

         Sur l’avenue qui domine le port, vous verrez une statue qui commémore l’attente inquiète de leurs épouses.

 

         La ville « moderne » de Porto Novo, se développe très vite.
   Elle génère  bien quelques difficultés de gestion aux autorités. : plus d’habitants c’est plus de soucis d’équipements et de services.

   Elle monte à l’assaut des langues arides et rougeâtres par des alignements interminables de constructions inachevées : on attend de l’argent pour continuer…

 
   La sècheresse, la dureté de la vie dans les montagnes, le dénuement en tout cas, font émigrer tous les jeunes vers cette ville moderne où un travail semble moins difficile à décrocher.

  
      L’ambiance de Porto Novo est emblématique du Cap Vert : Jeune, dynamique, joyeux, en plein essor.

 

   Pris en charge par les « Aluguers » ( transports collectifs ) directement à notre sortie du bateau, nous pourrons aller partout sur l’île, pour un prix très raisonnable.


C’est d’ici que André, notre guide de Activi Tours, nous emmène pour une randonnée dans la zone verte de l’île…

 

Nous contacter : caboverdebikes@cvtelecom.cv

par André
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Samedi 26 juillet 2008

Je peux être dans la lune parfois, mais là, je suis "sur" la lune!

Calhau, à une vingtaine de km de Mindelo. Je pensais que ce village sur la carte tout contre la mer serait une mini "station balnéaire". Et bien pas du tout ! Je suis au bout du monde ! Un aluguer m’a posée là (ni un taxi, ni un bus, mais un transport collectif "hybride" entre village souvent chargé de fret). C’est tellement désolé où il me laisse que je me demande déjà comment je vais repartir cet après midi ? A pied par la plage si je ne veux pas refaire le même trajet par la route ? Pas de problème…

Alors désolé, mais beau !

     La mer est turquoise quand elle n’est pas outre-mer, ou vert jade. Elle roule sur une plage de roches noires volcaniques. Le sable blanc, je le vois plus loin dans la mer. Et plus loin encore, il y a le relief d`autres îles montagneuses, Santa Lucia sans doute.

Le soleil est d’une évidence totale tellement le ciel est vide de nuage. Les maisons qui sont là, celles qui sont finies et qui sont blanches, arrachent les yeux. Mais la plupart sont grises des constructions de béton qui donnent l`impression de ne jamais s’achever, absorbant la cruauté du soleil sur leurs murs.

L’étrange se poursuit par le sentiment, faux, qu’il n’y a personne à vivre ici. Pas même un rire d’enfant dans une maison, une école, un jardin : tout parait vide de tout. Même pas un arbre ai-je besoin de préciser ? Mon hamac est bien malheureux dans mon sac à dos. Sa "sodade" à lui doit être de retrouver une ombre sylvestre un jour ...

 Il m’est plus naturel de décrire que de photographier. Ces émotions, seul un vrai talent photographique peut les restituer, et je ne l’ai pas. Les mots me sont plus accessibles, bien modestement.

De les envoyer, c’est me sentir dans le partage. Ce sentiment que j’aime tant. Donner l’immatériel, comme d’autres livrent la musique, le chant, la danse ...

 … mais quand même, je joins pour vos yeux des photos d’autres voyageurs …

 Marie.

 PS : je suis revenue par la plage ... 3 heures bon train, puis j’ai tendu mon pouce sans crainte pour arriver avant la nuit à Mindelo ! Génial Cap Vert !

par Marie
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Samedi 19 juillet 2008

Le ``Petit Futé`` indiquait bien que le village de Tarrafal, sur Sao Antão, ne manquait pas d`intérêts. Sa route pour commencer. La seule qui existe vers l`Ouest de l`île. J`étais a l`arrière d`un 4x4 (bâché, sinon avec ce soleil c`est pas humain) avec 10 sacs de ciment, d`autres paquets, la grosse roue de secours et 6 gars, pour 4 heures de voyage. A l`avant, le chauffeur, une femme et son enfant. Je n`ai pas idée de la distance parcourue, pas plus de 40 km. Au début la route est pavée, en très bon état. Ensuite la piste est tellement défoncée qu`elle justifie le temps que l`on prend. Plus vite avec ce genre de véhicule n`est pas impossible ... mais criminel en ce cas !

 

Et le charme a encore opéré sur moi.

Le manque de confort sur ce banc de bois, à peine un dossier sinon l`épaule du voisin pour se maintenir un peu et une main qui cramponne la carrosserie, n`a rien enlevé au plaisir. Il y a peut-être même contribué.

Moi qui aime tant la forêt après avoir vécu en Guyane Française, je ne peux pas m`expliquer comment je peux tant aimer ces paysages dans leur désolation aride. Je fais ce tour de force de juxtaposer des contrastes absolus sans rompre mon harmonie. Sans exigence de choix ou de préférence. Je suis un caméléon qui ne recherche pas sa couleur pour vivre : qui trouve dans la beauté et la force de lieux ; lieux pour me sentir bien ...

 

L’aventure de ce trajet aurait pu me suffire pour la journée. Mais le ``Petit Futé`` (encore lui) mentionnait bien que pour dormir à Tarrafal il n`y a que chez ``Frank et Suzy``. On te précise pas que c`est un Hilton ... mais on te précise pas non plus que c`est un minuscule paradis ! C`est ça que moi j`appelle du luxe, quand si loin de tout (et si près de l`impossible) un espace improbable t`accueille avec autant de soins, d`âme, d`envie de faire partager la rareté de lieux si beaux. Pleins de détails simples mais subtils ne sont là que pour revaloriser le déjà " très joli" , jusqu`à des vitraux Tiffany incrustés dans les portes des chambres ...

Et le soleil qui se couche pile en face de la terrasse. Pendant sa descente un pichet de cocktail est disposé tout près des galets de la plage. Au moment même de sa disparition, une clochette annonce avec des bougies allumées, que le dîner est servi. Romantique ? Sûrement.

  Que me réserve la journée de demain ? Peut-être des pécheurs vont me proposer de les accompagner. Il me semble avoir compris ça ce soir. Sinon, un couple  se rend à des cascades à 3 heures de marche, je peux les suivre aussi ... ou je vais rester  une ou deux journées de plus, pourquoi pas ?

Voyageusement,

Marie.

 

par André
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Mardi 15 juillet 2008

Juchés sur la moto, nous remontons la Ribera Grande à vive allure. La montée vers la selada de Camelengues fait chauffer le moteur et le rayonnement de l’échappement me picote le genou droit. A notre passage les habitants nous saluent par de grands gestes pendant que leurs poules s’enfuient terrorisées.

Les décors sont somptueux, la montagne colorée est striée de lézardes. Ce sont les coulées des effondrements monstrueux qui ont marqué cette île et qui lui donnent désormais ce caractère si spectaculaire.

Parvenus sur l’autre face, voici l’embranchement de la piste de Cha d’Igreja.

La piste ondule dans un canyon qui se resserre de plus en plus. De petites exploitations agricoles exposent leur pauvre verdure…plus d’eau, presque plus de cultures. Quelques rares vaches partagent avec les chèvres et des ânes un fourrage desséché.

Voici Cha D’igreja. La petite église fièrement dressée, les rues décorées de plantes fleuries donnent au village ce cachet si coquet, si accueillant.

 

Nous débarquons enfin à Cruzinha da Garça, écrasé de soleil, poussiéreux, des groupes d’enfants jouent à l’ombre des maisons. Nous traversons tout en douceur et, comme toujours, les habitants saluent avec joie. Ici aussi, je ne suis pas inconnu, passant de temps en temps par ici avec mes groupes de randonneurs.

 

Pas encore sorti du village, le décor change complètement. Fini les abords volcaniques et rocheux, un domaine de dunes immenses commence…

Nous sommes dans une zone particulière, où les plages, emportées peu à peu par l’alizé, se dépose en montagnes de sable. Elles produisent un phénomène très particulier qui révèle par place des racines fossilisées.

Les passages de sable se succèdent rendant difficile la progression de la moto que nous abandonnons sur un rebord qui domine la grande plage.

Le sentier déglingué nous conduit au bord de l’eau. La mer a créé un plateau de sable à quelque distance du bord, et les vagues créent fort un courant latéral bien dangereux…

Après avoir abrité nos affaires du soleil sous les surplombs des roches, nous déballons nos objets volants. Des jeunes gens, venus passer ici l’après-midi sont très intrigués par ce matériel inconnu…

Le petit cerf volant témoin est lancé. Il monte tout droit vers le ciel et tout le monde s’exclame. Son câble, lesté d’une pierre, le gardera en place. Ça tripote le câble, faisant réagir le la guêpe qui tire la langue.

Dans un vent modéré, les triangles prennent leur envol les uns après les autres et commencent à décrire les trajectoires que nous leur impulsons.

L’aérologie du lieu est un peu particulière, les reliefs montagneux tout proches perturbent les filets d’air venus du large. Voir évoluer ces ailes colorées sur ces décors volcaniques est superbe. Nos jeunes amis, tournent autour de nous et commentent les arabesques. En définitive, ils piloteront l’un après l’autre le cerf volant le plus lourd, l’écrasant tant au décollage qu’en plein piqué. Certains, auront démontré un intérêt et une adresse très prometteuse.

 

En cet espace isolé, un nouveau lieu de vol est trouvé.

 

Lexique :

 

Cha d’Igreja :

Petit village perché sur le plateau ( Cha ) que coupe un profond canyon, en bas de la Ribeira da Garça

 

Cruzinha da Garça :

Petit village de pêcheurs, but d’une magnifique randonnée de 5 heures qui démarre à Ponta do Sol.

 

Santo Antão :

Une des 10 îles habitées de l’archipel du Cap Vert. Avec près de 800Km², elle est la 2è île de l’archipel par sa superficie. Elle est constituée d’une chaîne de montagne presque ininterrompue qui culmine entre 1200m et près de 2000m. Vue de sa proche sœur, São Vicente, elle donne l’image un mur gigantesque.

par André
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Mardi 15 juillet 2008

Il est 8h30, notre « pequenh’ almoç’ » pris, nous allons au rendez-vous avec André à Ponta do Sol, au point Activi Tours.

Dans son véhicule, Manu nous attend. Quelques instants pour contrôler notre équipement, prendre notre réserve d'eau, attraper les sandwiches préparés par Bérengère et nous voilà partis…

 

La route pavée sinue le long de l'océan. Passé la ville de Povação, les pierres inégales de la voie font tressauter le pickup, troublant le défilement de la longue plage de galets noirs. L’alizé tiède soulève des embruns et nous les souffle au visage.

 

La baie de Vila das Pombas apparaît, hérissée de cocotiers. Au détour d’une ruelle la petite église blanche apparaît, c’est là que nous descendons.

D’histoire en anecdotes, nous voici progressant entre les deux hautes parois de la gorge. Elle est bordée de parcelles de cannes à sucre, de bananiers épars, dominés par de grands manguiers et d'immenses arbres à pain solitaires. On entend des cochons grogner dans des enclos de pierres.

 

Au détour d'un méandre, la cascade nous apparaît enfin. Nichée au fond du cirque, déchirant l’écrin de verdure, elle dessine une ligne parfaitement verticale sur le fond noir des basaltes.

 

Quel spectacle que, le vert tendre des cannes à sucre aux feuilles disposées en éventail, les grappes de gros fruits verts et oranges, à l’abri de rares feuilles des papayers verticaux !!!

 

En remontant le talus immense, nous découvrons les cultures traditionnelles de l’île de Santo Antão : Les bananiers en paquets serrés, les néfliers aux fruits sucrés, les caféiers et les orangers couverts de petites fleurs blanches bordent le sentier.

Nous retrouverons toutes ces senteurs, toutes ces saveurs, tous ces émotions dans les grogues  parfumés de l’île.

Dans la partie haute, nous traversons la rivière permanente en éclaboussant les ignames.

 

2h après notre départ, au détour de la crête, la cascade se dévoile dans son ensemble.

Majestueuse, elle ruisselle tout au long de ses 250m, se répand en pluie dans son bassin.

Une aigrette blanche qui chassait une mante religieuse au milieu du tapis végétal s’envole à notre approche.

Nous pataugeons dans l’eau courante.

 

Nous abandonnons à regret la fraîcheur, la verdure, la biodiversité de ce lieu préservé. Nous rentrons chargés de petites mangues parfumées de Santo Antão que des enfants rieurs, perchés dans les arbres nous ont offert avec la gentillesse des gens d’ici…

 

Lexique :

 

Pequenh’ almoç’ :

En créole : petit déjeuner

 

Ponta do Sol :

C’est la ville la plus au nord de tout l’archipel du Cap Vert. Placée sur une langue de basalte qui s’avance loin dans la mer, on peut y observer la course complète du soleil, rosissant le ciel le matin, il explose dans un coucher resplendissant le soir.

 

Santo Antão :

Une des 10 îles habitées de l’archipel du Cap Vert. Avec près de 800Km², elle est la 2è île de l’archipel par sa superficie. Elle est constituée d’une chaîne de montagne presque ininterrompue qui culmine entre 1200m et près de 2000m. Vue de sa proche sœur, São Vicente, elle donne l’image un mur gigantesque.

 

Grogue :

Alcool local, fabriqué à partir de la canne à sucre de façon traditionnelle. ( Appelé aussi « aguardente » )

par André
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Mardi 15 juillet 2008

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